Saison 1977

En ce début de saison, Jean-Claude Andruet signait un contrat qui l'unissait à Fiat-France pour une saison de rallies des championnats de France, d'Europe et du Monde.

La signature du contrat était à peine sèche, que déjà se profilait le rallye de Monte Carlo du 22 au 29 janvier. Au volant donc d'une 131 Abarth (TO P09981), avec Biche, il retrouvait sur sa route Munari, Pinto et Darniche (Stratos), Alen, Verini et Bachelli (Fiat 131), Fréquelin (A310), mais aussi Lunel et Bondil (Porsche), puis Rohrl (Kadett GTE)... Surprise dans la première ES que remportait Beauchef sur sa Ford Escort groupe 1 !! La hiérachie était rétablie dans la seconde épreuve, les trois Stratos devant Fréquelin. Andruet cinquième, menait le bal des Fiat. Confronté à des problèmes de freins, il ne pouvait exploiter au mieux le potentiel de sa voiture. Mais une fois ces soucis résolus, Jean-Claude partait à l'attaque dans le parcours commun. Mais chez Fiat-Lancia, ne voulait pas prendre de risque, et Daniele Audetto priait Andruet de respecter des consignes. Comme réponse, Jean-Claude reprenait près de trois minutes à Munari en deux spéciales (St Jean et St Pierreville). Les consignes fûrent réitérées et Andruet levait le pied, terminant troisième, derrière Munari et Alen.

Duel au sommet au rallye Costa Brava qui se déroulait du 18 au 20 février et comptait pour le championnat d'Europe. D'un côté Darniche et sa Stratos, de l'autre Andruet-Biche et leur Fiat 131 (TO P09981). A coups de secondes, les deux pilotes se livraient une lutte sans merci, Darniche prenant le meilleur en début de rallye. Puis Andruet récupérait le commandement, quand, à l'arrivée de l'épreuve de Collsaplana, la Fiat percutait la Stratos au contrôle (situé juste à la sortie d'une courbe droite très rapide). Jean-Claude ne put freiner à temps. La 131 était hors service. Biche blessée, était condamnée à porter une minerve durant six mois. Quant à Darniche, il abandonnait quelques spéciales plus tard, des suites de la collision.

Biche indisponible, c'est avec C. Delferrier qu'Andruet se présentait au rallye du Portugal du premier au six mars. Outre les Fiat d'Alen, Verini, Bachelli et Andruet, il fallait compter avec les Ford Escort de Vatanen et Waldegaard et la Toyota de Mikkola. Bien que très proche des meilleurs (il remportait 4 ES, 4 secondes places et 12 troisièmes), Jean-Claude se faisait légèrement distancer, par Bachelli d'abord, puis par Vatanen et Alen ensuite. A une épreuve de la fin, il occupait la cinquième position. Mais Verini s'arrêtait pour le laisser passer, en remerciement de l'aide que Jean-Claude lui avait prodigué dans le dix-huitième spéciale. Et Andruet terminait quatrième.


Les 19 et 20 mars, avec le soutien d'Esso et d'Eminence, Andruet reprenait du service en Production sur le Paul Ricard, au volant d'une BMW 530i préparée par le garage Benoit et équipée en Pirelli. Qualifié au côté du belge J.M. Martin en cinquième position, il connaissait en course quelques soucis de freins, ce qui ne l'empêchait pas de finir quatrième.

Le week-end suivant, à Albi, Jean-Claude Andruet se qualifiait sur la quatrième ligne, toujours sur la BMW 530i. Il finissait la course à la cinquième place, après avoir pris le meilleur sur Guitteny, Metge et Cudini.

Début avril, les 10 et 11, à Nogaro. Andruet qualifiait sa BMW en septième position sur la grille de départ, malgré des problèmes d'équilibrage de freins et de suspension. Il maintenait sa position en course et, bénéficiant de l'abandon de Lapeyre, il finissait sixième.

Un semaine plus tard la Production s'arrêtait à Dijon, où les anglais étaient venus monopoliser les premières places sur la grille (Graham, Spice, Craft, Walkinshaw...). Andruet se qualifiait treizième en 1' 40" 06, et ne finissait la course qu'en seizième position.

Le 30 avril à Magny Cours, Jean-Claude Andruet signait sa meilleure qualification sur la seconde ligne, derrière les intouchables Beltoise et Lafosse. Pour sa dernière course de la saison en production, il terminait quatrième, s'étant fait dépasser par Cudini.

Aux 600 kms de Spa, les 7 et 8 mai, beaucoup de monde pouvait prétendre à la victoire. Les Capri de Spice, Craft et J.M. Martin, les Opel Comodore GSE de Dumont et Wauters, les BMW 530i pour Lloyd et Andruet-Joosen, les 30 CSI de Bourgoignie et Paulus, les Triumph Dolomite de Pond, Pirenne et Metge, et puis la Camaro de Vermeulen... C'était d'abord Gordon Spice sur sa Capri qui signait le meilleur temps des essais qualificatifs, un dixième devant Jean-Claude Andruet, dont la BMW du Juma Racing lui semblait moins performante en suspension, mais supérieure en moteur que sa voiture du garage Benoit. En toute fin de séance, Vermeulen mettait tout le monde d'accord en prenant la pôle position sur sa Camaro. Dès la fin du premier tour, Andruet se portait en tête, et ne cessait d'augmenter son avance, malgré la pluie qui apparaissait au sixième tour. Le festival continuait jusqu'au premier arrêt ravitaillement. Avec plus de deux minutes sur le second, ils géraient leur course et remportaient ces 600 kilomètres de Spa.

Du 28 mai au 3 juin, se déroulait le rallye d'Acropole. Fiat y était venu en force avec quatre voitures officielles (Alen, Bachelli, Lampinen et Verini), auxquelles s'ajoutaient celles de Bertolo, Koumas et Andruet, toujours navigué par Delferrier. La 131 française affichait une nouvelle livrée, très nationale. La concurrence se composait de 3 Escort (Clark, Vatanen et Waldegaard), 2 Datsun (Kallstrom et Siroco) et 2 Toyota (Andersson et Mikkola). Tandis que ces dernières abandonnaient sur casse du différentiel, Vatanen sur sortie de route, Bertolo sur bris d'un bras de suspension. Alen, Bachelli, Verini et Andruet étaient éliminés, eux, sur rupture de demi-arbre de roue. Un mal qui ne touchait pas la voiture de Lampinen, "ancienne version".

C'est au volant d'une Porsche 934 turbo Alméras qu'Andruet s'engageait au Giro d'Italie le 12 juin. Mais au départ de la première épreuve spéciale, la course de côte de Cesana Sestrière, l'embrayage rendait l'âme.

Retrouvant sa Fiat 131 (TO N92971) du 24 au 26 juin au rallye d'Antibes, Andruet retrouvait aussi Tilber à ses côtés, et quelques adversaires bien armés: Béguin sur une Stratos de 270 CV et un bataillon de Porsche: Swaton, Lunel, Mouton, Vincent, Ravot et Bondil, qui semblait disposer de la plus affûtée (310 CV). C'est d'ailleurs ce dernier qui s'emparait de la tête du rallye, signant les meilleurs chronos des deux premières ES. Il fallait attendre la quatrième épreuve, Col de Saint Raphaël, pour voir Andruet s'imposer, compensant par un pilotage incisif le manque de puissance de sa Fiat. Il récidivait dans la Couillole, et achevait la première étape derrière Bondil et Béguin. Avec brio, il signait les meilleurs temps des 4 premières ES de la seconde étape. Malgré l'abandon de Béguin et les soucis de boite de Bondil, Andruet ne relachait pas son effort et remportait le rallye.

Au rallye des 1000 pistes les 9 et 10 juillet, Fiat France engageait deux voitures pour Andruet-Tilber (TO P09981) et Francis Vincent. L'opposition s'appelait Thérier, sur sa Célica, Nicolas et Pagani, sur Coupé 504 V6. Et c'était logiquement Thérier qui, dès le départ, devançait Nicolas. Jean-Claude Andruet était d'abord victime du déclenchement de son extincteur, puis retardé par une batterie défaillante. Le duel entre Nicolas et Thérier était arbitré par Pagani, jusqu'à l'abandon de Nicolas. Andruet signait alors les meilleurs temps des trois spéciales de la dernière boucle, et terminait l'épreuve sur la troisième marche du podium, derrière un Thérier impérial et Pierre Pagani.

La liste des postulants à la victoire des 24 heures de Spa Francorchamps, 23-24 juillet, était bien trop longue: tout le gratin de la production était là. Faisant à nouveau confiance à l'équipe avec laquelle il avait remporté les 600 kilomètres, Andruet repartait avec la BMW 530i du Juma Racing et Eddy Joosen. A nouveau, la Camaro de Vermeulen signait la pôle position, devant la BMW 30 CS de Paulus. En seconde ligne, Cudini devançait Andruet, puis venait Lloyd, Spice sur la première Capri. A mi-course, Andruet et Gordon Spice se disputaient la tête, quand la pluie faisait son apparition. Jean-Claude prenait alors la tête et entamait un festival... qui faillit bien s'achever rapidement. En pleine attaque, Andruet passait devant son stand avant qu'on ait le temps de lui présenter le panneau de ravitaillement. H. De Fierlant, le team-manager courait alors jusqu'à la Source faire signe à Andruet, qui comprenait le message et s'engouffrait aussitôt dans la voie des stands. Au lever du jour, la BMW comptait un tour d'avance, et "n'avait plus qu'à gérer" sa course jusqu'à l'arrivée.

Devancé par Ford au championnat, Fiat comptait bien reprendre l'avantage au rallye San Remo du 4 au 8 octobre, et avait mis les petits plats dans les grands. Sept Fiat 131, usines ou assistées pour Andruet-Delferrier (TO R19729), Bachelli, Bertolo, Mauro, Rohrl, Verini et Tony (Jolly Club), soutenues par quatre Stratos pour Carello, Munari, Pinto et Pregliasco. Ford, en tête du championnat n'alignait que deux Escort pour Vatanen et Waldegaard. Le premier événement d'avant course, c'est Andruet qui sortait violemment en reconnaissances: voiture détruite. Face à l'impressionnante armada italienne (huit voitures dans les dix premiers de la première ES) les Ford faisaient de la figuration. Andruet démarrait "sagement", et dès la cinquième spéciale partait à l'attaque. Quatrième des ES 6 et 7, il s'abonnait ensuite à la troisième place, de l'ES 8 à 11. Il alignait alors les temps scratch et prenait la tête du rallye à la seizième spéciale. Rohrl, Vatanen, Munari, Pinto avaient déjà abandonné.Puisqu'on était toujours avec Fiat, les consignes étaient claires: Pas de lutte fraticide. Verini devait se contenter de sa position de second, jusqu'à la vingt-troisième spéciale, où, victime d'une double crevaison, Andruet lui laissait sa place. Pas pour très longtemps, puisque des problèmes de transmission retardaient le nouveau leader, et Andruet récupérait "son bien". Verini tenta de reprendre la tête, malgré les consignes... ce qui mit Jean-Claude dans une colère noire ! Il remportait le rallye et replaçait Fiat en tête du championnat du monde, pour six petits points.

C'était les 5 et 6 novembre qu'au Tour de Corse se clôturait la saison de Jean-Claude Andruet. Ragaillardi par sa récente victoire au San Remo, il avait bien préparé cette épreuve, désireux d'établir un nouveau record de victoires. L'alternateur de la Fiat 131en décidait autrement. Il abandonnait rapidement, alors qu'il commençait à attaquer.