Saison 1975

C'est au volant d'une Stratos usine (TO L80931) et avec Yves Jouanny (le fils du restaurateur d'Entraigues), que Jean-Claude Andruet prenait part au rallye Monte Carlo du 15 au 24 janvier. Pénalisé de 50 secondes à Gap pour excès de vitesse, il sortait de la route dans la deuxième ES, après avoir signé le quatrième temps de la première Spéciale.

Après deux saisons chez Lancia, Jean-Claude Andruet, nouvelle recrue Autodelta, se présentait au départ du rallye Costa Brava (14-16 février) au volant d'une Alfa Roméo GTV 2 litres de 200CV (MI V76019) et retrouvait Biche pour l'occasion. Comptant pour le championnat d'Europe, l'épreuve avait attiré Fiat (Bachelli et Verini), Opel (Rohrl), Renault Espagne (Pradera), Alfa Roméo (Andruet et Ballestrieri), ainsi que Claude Haldi (Porsche), Zanini et Canellas (Seat)... Les pilotes Fiat prenaient le commandement devant les Alfa dès le départ. Haldi abandonnait rapidement, devançant de peu Ballestrieri, puis Canellas, tandis que Rohrl et Bachelli étaient retardés. Verini précédait Andruet et Pradera. Mais à cinq spéciales de l'arrivée, le filtre à huile de l'Alfa stoppait Andruet, laissant le champ libre à Pradera derrière Verini.

Engagés de dernière minute au critérium Neige et Glace les 22 et 23 février, le tandem Andruet-Biche ne disposait que d'un mulet (MI V63301), plus lourd et moins puissant que la voiture de course. Mais face à la berlinette de J. Henry, la X1/9 de Darniche, l'A310 de Thérier ou les R17 de Nicolas et Piot, ce handicap compliquait les choses. Une crevaison dans le premier tour reléguait Jean-Claude à presque 4 minutes de Henry. Andruet, au fil des épreuves, refaisait une partie de son retard, et terminait quatrième, derrière Henry, Darniche et Nicolas, et remportait le groupe 2.

Retrouvant leur voiture du Costa Brava (MI V76019) au rallye Stuttgart Lyon Charbonnières du 6 au 8 mars, Andruet-Biche espéraient mieux que la seule victoire de groupe. Et l'issue de la première étape allait leur donnait raison: ils étaient en tête, malgré un terrain peu favorable, (ils avaient même disputé la première ES sans notes, oubliées à l'hôtel) devant J. Henry, Bachelli et Darniche. Dès le début de la seconde étape, Ils échappaient de justesse à une pénalité après le remplacement de l'échappement, puis des pneus inadaptés contraignaient Andruet à ne pas attaquer... en début de spéciale. Hélas, une touchette sur une pierre entraîna crevaison et bris de jante. En tentant de rejoindre l'arrivée, direction desserrée par les vibration, Andruet sortait de la route et abandonnait.

Disputé du 21 au 23 mars, sous la neige et sur la glace, le rallye Firestone, en Espagne, regroupait les même prétendants qu'au Costa Brava. Si Verini s'accrochait à la première place, tandis que Bachelli avait déjà abandonné, Andruet signait une série de temps scratch avant d'abandonner lui aussi, suite à la rupture de sa transmission.

C'était encore des problèmes mécaniques qui retardaient Andruet-Biche au rallye de l'Ile d'Elbe du 17 au 19 avril. Menant la course devant trois autres GTV, Jean-Claude achevait la première étape en tête. Mais dès le début de la seconde, son Alfetta (MI V85555) connaissait des problèmes électriques qui le reléguaient loin au classement. Il refaisait une partie de son retard et terminait le rallye à la quatrième place, derrière Ballestrieri, vainqueur après les abandons de Verini et Bachelli. Pittoni offrait le doublé à Alfa Roméo devant la Fiat de Cambiagghi.

Temps pluvieux aux Coupes de Spa le 3 mai. Il n'en fallait pas plus pour qu'Andruet, au volant d'une Alfa Roméo 2000 GTV qu'il partageait avec Spartaco Dini, ofrre au public un spectacle digne de ce nom. Et l'équipage de la numéro 33 venait s'intercaler au beau milieu des division 4, prenant une superbe quatrième place au classement général, vainqueur en division 3.

Le lendemain, c'est avec Ballot Léna qu'Andruet participait aux 1000 kms de Spa, sur une Porsche Carrera. Qualifiés en vingt septième position, soit sixième des GT, ils remontaient en tête, quatrième au général, quand Ballot connaissait un problème lors d'un arrêt au stand lui faisant perdre plus de deux minutes. C'était ensuite un panneautage peu explicite qui amenait Andruet à laisser passer la Porsche de Béguin-Haldi. Ils finissaient second du GT, pour six dixièmes et cinquième au général.

Andruet effectuait un petit retour en course de côte à Saint Antonin, le 8 mai, au volant de son Alfa groupe 2 (MI V76018). Opposé à G. Fréquelin (BMW), il signait le meilleur temps du groupe aux essais sous la pluie. En course, si la pluie cessait, l'humidité incitait Jean-Claude à conserver les pneus
des essais. Il remportait le groupe, trois dixièmes devant Fréquelin, finissant quatrième au général.


Le 11 mai, à la ronde Limousine, Andruet abandonnait de nouveau: le moteur de l'Alfa cassait après seulement onze kilomètres de course.

La ronde de la première terre, le 18 mai, s'effectuait en parcours secret. Des notes remises par l'organisateur juste avant le départ, un tour de reconnaissance, et deux ES à parcourir cinq fois, soit environ cent vingt kilomètres de spéciales. Hormis Andruet-Biche, sur l'Alfa (MI V76018), il fallait compter sur Nicolas (R17) pour animer les débats. Jean-Claude dominait le début de course, quand une sortie de piste le reléguait à la quatrième place. Dans un festival de glissades, il ramenait son Alfa en seconde position, derrière Nicolas, et devant Pagani (Buggy) et Tchine (Opel Ascona). Trois pilotes portèrent réclamation contre Andruet parce qu'il avait été poussé par des spectateurs dans le parc fermé. La réclamation fut rejetée par l'organisateur...

Reprenant le tracé d'une spéciale du rallye des Cévennes, la course de côte de Montdardier, les 24 et 25 mai, avait attiré Andruet, pour effectuer des essais avec l'Alfa. Essais concluants puisque favori logique, il remportait le groupe 2 haut la main, se classant huitième au général.

Les choses étaient moins faciles au critérium Alpin les 31mai et premier juin, puisque l'épreuve comptait pour le championnat d'Europe. Henry, Nicolas (Alpine), Verini, Darniche (Fiat) avaient fait le déplacement, auxquels il fallait bien sûr ajouter Vincent, Mouton, Lunel, Ravot, Mas... Andruet et Biche partaient prudemment, laissant Nicolas et Henry s'expliquer devant. Hélas, après avoir signé le meilleur temps dans la cinquième spéciale, Andruet abandonnait, le moteur de sa voiture ayant rendu l'âme.

A la ronde Cévenole les 7 et 8 juin, Andruet partait pour battre le record de Thérier: moins de 26 minutes. Aux essais, une touchette l'en empêchait et il devait se contenter du troisième temps. En course, il ne put effectuer que le premier kilomètre du premier tour avant d'abandonner, moteur cassé.

24 heures du Mans 14-15 juin

Les 21 et 22 juin, nouvelle confrontation au rallye d'Antibes entre Nicolas, Henry (Alpine 1800) et Andruet, auxquels venaient se mêler Ravot, Mouton (Alpine), Lunel, Bondil, Gardavot (Porsche) et Clarr (Opel), Chasseuil... Bien que dominée par les berlinettes, l'Alfa n'abdiquait pas, puisqu'Andruet était troisième au général. Lors de la huitième ES, après avoir signé trois seconds temps derrière Henry, Andruet glissait sur des graviers et tapait le rocher.

Jean-Claude Andruet retrouvait Spartaco Dini et la GTV 2000 aux 24 heures de Spa les 26 et 27 juillet. L'usine qui visait la Coupe du Roi, avait engagé un bataillon de voitures pour Pooky, Ballot Léna, Litrico... Toujours aux avant-postes derrière les intouchables BMW 30 CSL, c'est Ballot Léna qui menait le bal des italiennes, avant d'abandonner en panne d'essence sur le circuit. Andruet reprenait le flambeau et terminait à la quatrième place, sans avoir résisté au retour de la Ford Capri de Blackburn, les consignes étant claires, et la Coupe du Roi assurée.

rallye San Martino 28-30 août

Course du championnat d'Europe tourisme sur le circuit d'Imola le 14 septembre, où, associé à Litrico sur une GTV 2000, Andruet prenait la sixième place.

Quinze jours plus tard, le 28 septembre, c'est avec Ballot Léna qu'Andruet participait aux 6 heures de Monza. Longtemps quatrième, puis troisième aux dépends de Schickentanz (abandon), la Porsche Carrera des français accédait à la seconde position avant d'abandonner.

L'Alfa 33 TT 12 "Stradale" dont disposait Andruet au troisième Giro d'Italie du 12 au 17 octobre était un châssis de 33 TT 12 mu par le V8 3 litres de la Montréal porté à 380 CV. De quoi faire face aux deux Lancia Stratos turbo de Munari et Pinto, à celle de Facetti (24 soupapes), à la Fiat Abarth 031 de Pianta... Les Stratos marquaient leur territoire dès le début de l'épreuve, Andruet intercalant son Alfa à la troisième place. Mais victimes de leurs boites de vitesses, les Lancia officielles laissaient le champ libre à Andruet. La fête ne durait cependant pas, puisque le moteur de l'Alfa rendait l'âme, contraignant Jean-Claude à un nouvel abandon. Et c'est Pianta, sur le prototype 031 qui remportait la course.

Autre tour... que le Tour de Corse les 8 et 9 novembre. Sur le papier, l'Alfa (MI V85167) d'Andruet, de nouveau associé à Yves Jouanny, ne pouvait rivaliser avec les Stratos de Munari, Darniche et Pinto, pas plus qu'avec les Alpine de Thérier et Vincent (A310) et Nicolas, Larrousse, Henry et Manzagol (A 110 1800), même s'il disposait d'un moteur évolué à 16 soupapes. A l'issue de la première ES, la logique était respectée, puisque Munari pointait en tête devant Darniche. Il fallait tout le talent d'Andruet pour glisser sa groupe 2 en troisième position, devant Nicolas ! Larrousse et Thérier n'étaient déjà plus là. Mais Andruet prenait 4 minutes de pénalité pour avance, puis perdait 3 minutes dans un tête à queue. A Ajaccio il pointait en troisième place. Il entamait alors un festival, signant les meilleurs chronos des deux premières ES de la seconde étape sous la pluie. Il réalisait l'exploit de ramener son Alfa groupe 2 à la troisième place au général, derrière une Stratos et une berlinette 1800 ! Malgré 7 minutes perdues...

Toujours sur une Alfa GTV 2 litres au rallye du Var les 29 et 30 novembre, (il avait été envisagé par Autodelta d'engager le nouvelle 3 litres) Andruet faisait une fois de plus étalage de tout son talent. Il remportait 3 des 4 premiers chronos, n'en concédant qu'un à Henry et sa berlinette 1800. Il achevait la première étape en solide leader, devant Darniche (Stratos), Manzagol et Henry (A110 1800). Après quelques soucis électriques en début de seconde étape, la boite de vitesses de l'Alfa restait bloquée et contraignait Jean-Claude à l'abandon.