Saison 1974

Pour les premières 24 heures de Chamonix, les 2 et 3 mars, Lancia avait délégué une stratos (14113 A6), pour Andruet-Munari, un coupé Fulvia 1600 HF pour Balestrieri et Lampinen et un coupé Béta 1800 pour Pregliasco et Pelganda. La concurrence venait de Béguin-Arnous sur une Alfasud, Balas-Jaussaud sur une Porsche, Julien-Fréquelin, Hoepfner-Neyret (Alpine), Waldegaard-Andersson (Toyota)... Les pilotes de la Stratos remportaient la première manche, terminaient seconds de la deuxième et sixième de la troisième. Au classement général, ils prenaient la seconde place derrière Ballestrieri- Lampinen.

Au critérium Neige et Glace les 9 et 10 mars, confrontation entre la Stratos (14113 A6) d'Andruet-Biche et la berlinette 1800 de Darniche, arbitrée par Thérier (Renault 17), Chasseuil (Porsche), Julien, Henry (Alpine). Le duel tourne court tant la domination d'Andruet est flagrante. A mi-course, Jean-Claude avait remporté 4 des 5 spéciales, et comptait 2' 40" sur son poursuivant immédiat. Il n'avait plus qu'à gérer cette avance jusqu'à l'arrivée pour remporter ce vingt et unième Neige et glace.

Disposant d'une Stratos (14058 A6) équipée d'un turbo, Jean-Claude Andruet était le favori du rallye de Sicile les 30 et 31 mars. C'est pourtant l'autre Stratos (sans turbo) de Ballestrieri qui remportait l'épreuve. Andruet, profitant de plus de puissance, dominait les premières épreuves, mais deux crevaisons le retardaient, puis des problèmes d'allumage le contraignaient à l'abandon.

La ronde de la Giraglia, cinquième du nom, organisée les 20 et 21 avril, consacrait un nouveau duel: Fiorentino et son proto Simca CG contre Andruet et sa Stratos. Cette dernière, plus puissante (250 CV contre 220 à la CG) était aussi plus lourde de 200 kg. En proie à d'insolubles problèmes d'allumage, Fiorentino ne put jamais tirer le maximum de sa voiture, mais restait cependant en embuscade derrière la Lancia jusqu'à son abandon. Andruet-Biche remportaient un succès mérité.

Deux Stratos étaient engagées à la Targa Florio le 12 mai. Andruet-Munari abandonnaient suite à un début d'incendie, tandis que Ballestrieri-Larrousse, sur l'autre voiture remportaient la course.

24 heures du Mans les 15 et 16 juin

Des Ligier JS2 très agressives, deux Stratos différentes et quelques Porsche bien conduites contituaient l'affiche du Tour Auto, du 13 au 21 septembre. Larrousse-Nicolas-J.P. Rives et Darniche-Jaubert avaient la charge d'exploiter au mieux les 2 JS2 à moteur Maserati V6 de 340 CV. Munari disposait lui, d'une Stratos turbo compressée de 340 CV également, tandis qu'Andruet-Biche se voyaient confier une version atmosphérique (TOL 52901) bien moins puissante. Et puis les Porsche de Wolleck, Ballot Léna et Henry étaient prêtes à profiter de la situation. Mais Larrousse affichait clairement ses prétentions dans Argelès, puis à Nogaro et Sarlat. Darniche, lui s'adjugeait le Tourmalet. Il fallait tout le talent d'Andruet pour s'imposer à Lapleau, et mettre un terme à la domination des Ligier. Larrousse enlevait la dernière épreuve de la première étape, sur le Bugatti, et rentrait en tête à Deauville. Andruet pointait en quatrième position, derrière les deux JS2 et Munari. Ce dernier abandonnait sur le circuit de Croix en Ternois, moteur hors service. Jean-Claude prenait la troisième place du classement, qui ne devait plus changer jusqu'à Nice. Larrousse signait les meilleurs temps dans toutes les épreuves, jusqu'au circuit de Karland, où Darniche s'imposait. Puis Andruet signait deux authentiques exploits dans Burzet et le Moulinon, devançant les deux Ligier. Darniche enfin prenait le meilleur sur l'ultime épreuve du Paul Ricard. Derrière, Henry devançait Ballot Léna.

Troisième apparition d'une Stratos turbo (TOL 64134) au Tour d'Italie du 15 au 19 octobre. Et cette participation était la bonne. Andruet-Biche dominaient l'épreuve de bout en bout. Certes les abandons en tout début de course de Regazzoni et Merzario avait facilité la tâche du pilote français, mais la nouvelle fiat Abarth 030 de Pianta restait menaçante jusqu'à l'arrivée.

Quatre Lancia étaient présentes le 30 novembre au Tour de Corse. Une béta et trois Stratos de 270 CV pour Ballestrieri, Munari et Andruet-Biche (TOL 80931). Il fallait aussi compter sur les berlinettes 1800 de Nicolas et Larrousse, sur l'A310 de Thérier, et surtout sur les Fiat 124 spider de Darniche, Alen, Pinto, Bachelli et Pianta. Les Alpine mettaient tout ce petit monde d'accord en signant les meilleurs temps des quatre premières spéciales (deux pour Nicolas et deux pour le Corse Manzagol), avant que Jean-Louis Clarr ne signe un exploit dans la cinquième au volant de son Opel groupe 2. Les Fiat avaient perdu toutes leurs chance dans la troisième ES, le col de Vergio, enneigé. Dès lors, Andruet, malgré des reconnaissances sommaires (!) et la grippe de Biche, prenait les choses en main. Il s'octroyait tous les chronos, hormis Kamiesh (dixième ES) et Ghisoni (treizième ES) qu'il concédait à Nicolas. Munari avait abandonné, moteur cassé, tandis que ballestrieri était sorti de la route, Jean-Claude ramenait à Bastia l'unique Stratos restante, et remportait son troisième Tour de Corse.