Saison 1972

Assisté du journaliste Pierre Pagani, Jean-Claude Andruet attaquait là son sixiième rallye de Monte Carlo du 21 au 29 janvier. Face à un plateau très relevé (Waldegaard, Larrousse, Kallstrom, Munari, Nicolas, Thérier, Andersson, Darniche, Makinen, Piot, Aaltonen, Fall...) Jean-Claude prenait un départ prudent: sixième dans la seconde ES, dixième dans la suivante, il passait à l'attaque dès la cinquième avec le second chrono et remportait la sixième, finissant le parcours commun à la quatrième place. Dès le début du parcours complémentaire, il sortait de la route, endommageant son train avant mais signait quand même deux seconds temps dans les passages du Turini. Une dernière sortie de route mettait un terme à la course d'Andruet.

Une semaine plus tard, les 5 et 6 février, la ronde hivernale de Chamonix réunissait Andruet, Waldegaard, Balas, Neyret... Jean-Claude, au volant d'une berlinette 1600 S (4826 AW 93) remportait une victoire sans contestation.

Après un Monte Carlo en dents de scie, le rallye Lyon Charbonnières du 9 au 11 mars offrait à Jean-Claude Andruet l'occasion de redorer son blason. Ce qu'il ne manquait pas de faire.Sur une berlinette 1800 (3430 GY 76), navigué par "Biche" Petit, il remportait toutes les spéciales, sauf la Croix du Bar Choux où il finissait second.

A la course de côte d'Ampus le 19 mars, Andruet se présentait avec une arme plus adaptée à la discipline: une Alpine F3 à injection qui doit prochainement recevoir un compresseur. Malgré la présence de Mieusset, Bayard, Perrot, Martin, et en attendant un peu plus de puissance, Jean-Claude se classait troisième au classement scratch.

4 heures du Mans le 20 mars.

Exceptionnellement, au critérium Alpin les 15 et 16 avril, Jean-Claude Andruet était engagé au volant d'une Alfa Roméo 2000 groupe 1, strictement de série. Pas de quoi envisager la victoire au général... Pourtant, avec "Biche", ils remportaient le groupe, malgré plusieurs crevaisons, et se classaient septième au général.

Toujours au volant de l'Alfa 2000, Andruet participait à la course de côte des Monts du Jura les 29 et 30 avril. Il ne s'inclinait que d'une seconde derrière Geral vainqueur du groupe et d'une poignée de dixièmes derrière Sarrazin, second, tous deux sur des Chrysler Barracuda !

Organisée dans la patrie de Jean-Luc Thérier, la course de côte de Neufchatel-en-Braye le 11 mai permettait à Jean-Claude Andruet de sortir son Alpine F3, enfin équipée du compresseur. Aux essais, Martin (Surtees-ford) devançait Bayard (Techno-Ford) et Andruet. En course, chacun des trois pilotes amélioreront leurs chronos mais resteront dans cet ordre.

A la course de côte de Bellegarde les 20 et 21 mai, Andruet sortait légèrement de la piste à la première montée d'essai, réalisait un chrono moyen à la seconde. En course, il sortait à nouveau endommageant sa monoplace.


24 heures du Mans, les 10 et 11 juin.


Lors de la course de côte du Mont Ventoux, le18 juin, Une cascade de problèmes décimait le peloton de tête (Lapierre, Mieusset, Maublanc...) et permettait à Andruet de prendre la seconde place derrière Perrot, malgré une tenue de route de son Alpine F3 très surprenante.

Le week-end suivant, à la course de côte du Mont Revard les 24 et 25 juin, Jimmy Mieusset devançait Jean-Claude Andruet aux essais, aux prises avec une monoplace difficile à maintenir sur la route. Même résultat en course: Andruet deuxième derrière Mieusset, pour deux petites secondes.

Engagé sur une BMW aux 6 heures du Nurburgring le 9 juillet, Jean-Claude Andruet ne bouclait que quatre tours, avant que le joint de culasse cède.

Quatre Alfa Roméo GTV 2 litres étaient engagées par Autodelta aux 24 heures de Spa Francorchamps les 22 et 23 juillet. Qualifiés en vingt et unième position, Andruet-Ragnotti devançaient Bertinchamps-Berger (vingt huitième),Ballot Léna-Lagniez (trentième) et Hessel-Gleich (trente neuvième). Partis en tête de la division 2, offrant au public un festival de glisse, Andruet-Ragnotti devaient laisser la victoire à Ballot-Lagniez (sixièmes au général) devant Hessel-Gleich (neuvièmes) après une lutte acharnée avec l'Opel de Wauters.

Comptant pour le championnat d'Europe, la course de côte de Fribourg se déroulait le 6 août. Jean-Claude Andruet y classait sa monoplace en septième position, derrière Perrot (déjà sacré champion d'Europe), Joest, Salomon, Weber...

S'il est une épreuve qui réussissait bien à Jean-Claude Andruet, c'était la ronde Cévenole disputée cette année le 3 septembre. Au volant de son Alpine 1800 allégée (7087 HE 76), il survolait la course, laissant le second, Manzagol, à plus de vingt et une minutes. Certes, de nombreux abandons avaient facilité la tâche d'Andruet, mais il avait parfaitement géré les multiples difficultés de cette course.

Retrouvailles victorieuses avec la Daytona Pozzi (6869 YK 75) au Tour Auto du 14 au 24 septembre. Deux voitures étaient engagées par l'importateur français, pour Andruet-Biche et Migault-Rouveyran, et une autre par la Scuderia Filipinetti pour Vic Elford. La concurrence, en l'absence des protos, venait de la Ford Capri de G. Larrousse. C'est Elford qui prenait rapidement la tête de la course, après l'abandon de Larrousse. Andruet suivait "sagement", en attendant son heure... qui arriva dans les Vosges, quand l'anglais sortait de la route et abandonnait. Jean-Claude remportait l'épreuve devant l'autre 365 GTB/4 et la seconde Capri de J.F. Piot.

C'est à Rouen (!) qu'avaient lieu le 15 octobre, les 1000 kilomètres de Paris. Outre Andruet-Ballot Léna (6869 YK 75), Ferrari France alignait une seconde Daytona pour Migault-Rouveyran, alors que Jarier-Lafitte disposaient d'une voiture du NART. Battu aux essais par la Porsche 911S de Fitzpatrick et la De Tomaso de Vinatier, Andruet partait devant Migault et Jarier. Mais au septième tour, Migault, victime de ses freins, touchait le rail, puis venait percuter la voiture d'Andruet. Rapide arrêt au stand pour ce dernier, tandis que la Ferrari de Migault perdait une douzaine de tours. Jean-Claude sortait à nouveau de la piste, suite à une crevaison, mais parvenait à se classer dixième, juste derrière l'autre Daytona de Jarier, et devant celle de Migault.

Annulé en 1971, le Tour de Corse avait bien lieu cette année du 3 au 5 novembre. Quatre berlinettes Alpine 1800 pour Andruet-Biche (7087 HE 76), Darniche, Nicolas et Thérier, mais aussi la Stratos de Munari, les Porsche 2,8 litres de Waldegaard et Larrousse, les Ligier de Piot et Ragnotti, les CG de Fiorentino et Saliba, la Ford GT 70 de Chasseuil et l'Opel GT de Greder constituaient un plateau superbe. Impérial, Jean-Claude affichait d'entrée ses ambitions. La premières ES annulée, en raison de la sortie de route de Piot, la berlinette numéro 5 allait survoler la concurrence, jusqu'au dix septième chrono, laissé à Darniche. Sagement, Andruet concédait également les trois dernières ES, et rentrait à Ajaccio avec plus de 9 minutes d'avance sur Fiorentino et 14 sur Manzagol.

Clôturant la saison, les 2 et 3 décembre, le rallye du Var n'offrait pas un plateau extraordinaire. Toujours associé à Biche, sur une A110 1800 Mignotet (7089 HE 76), Andruet faisait figure de favori logique. J.C. Lagniez récupérait une auto identique, tandis que Serpaggi et Manzagol partaient sur des 1600. A noter la présence de deux Jidé confiées à Ragnotti et Robini. Comme prévu, Andruet allait dominer la course dès le départ. Suivaient Saliba (CG), Serpaggi, Manzagol, tandis que les deux Jidé abandonnaient. Durant la nuit, la pluie faisait son apparition, et Jean-Claude confortait sa place sur Manzagol, Serpaggi abandonnant sur bris de boite de vitesse. A l'arrivée, Andruet comptait presqu'un quart d'heure d'avance sur Manzagol. Cette victoire lui permettait de finir second du championnat de France, à 34 points de B. Darniche