Saison 1971

C'est un Jean-Claude Andruet auréolé des ses deux titres (champion d"Europe et de France) qui se présentait au départ du rallye de Monte Carlo, du 22 au 30 janvier, bien décidé à prendre un revanche sur la malchance qui l'accablait depuis trois ans. Six berlinettes A110 1600 S, pour Andruet-Vial (7862 GS 76), Thérier, O. Andersson, Nicolas, Vinatier et Darniche représentaient la marque française, tandis que Lancia comptait sur Munari et Balestrieri, et Porsche sur, Larrousse, A. Andersson (911) et Waldegaard (914). Ove Andersson prenait la tête de la course dès la première ES, position qu'il n'allait plus quitter. Derrière, c'est Thérier qui occupait la seconde place, avant de devoir la céder à Munari, puis à Andruet, jusqu'à la douzième ES (Turini) où une crevaison le reléguait en quatrième position, derrière Waldegaard. Reparti le couteau entre les dents, Jean-Claude finissait troisième, ex-aequo avec Waldegaard.

Grand favori de la seconde ronde hivernale de Chamonix, les 6 et 7 février, Jean-Claude Andruet sur une Alpine 1600 (3725 GQ 76) n'avait d'opposition que Neyret (Alpine) et des Citroën pénalisées par leur architecture (traction) et un règlement trop libre sur le cloutage. C'est Neyret qui partait en tête devant Andruet, mais un tête à queue l'écartait de la lutte pour la victoire. Jean-Claude remportait la course en effectuant un festival de glisse pour le plus grand plaisir du public.

Pour le rallye Lyon-Charbonnières, du 2 au 7 mars, Alpine avait délégué Andruet et Nicolas sur des berlinettes "élargies" et propulsées par de nouveaux moteurs 1860 plus puissants. Parti avec des pneus inadaptés sur le circuit de Solitude, Andruet-Todt signaient malgré tout le troisième temps, avant d'être relégués à la dix-neuvième position de la première ES, pour le même problème (cloutage insuffisant après d'abondantes chutes de neige). Mais juste avant la première ES de la seconde étape (Mt Revard), pour éviter une voiture arrivant en face, Jean-Claude touchait de l'arrière et abandonnait.

A la course de côte d'Ampus, les 27 et 28 mars, Jean-Claude Andruet se mesurait aux spécialistes de la discipline. Victime d'un moteur récalcitrant, il ne pouvait que finir vingt-deuxième, derrière les berlinettes d'Ortelli, Rosso, Betemps et Bielli.

Engagé en rallies et en courses de côtes, Andruet ajoutait la F3 à son programme.Et c'est par les coupes de Pâques à Nogaro les 11 et 12 avril, que débutait la saison. Quatorze voitures (Alpine pour Jabouille et Andruet qui utilisait la monoplace de Depailler), Martini (Migault, Alberat, Guitteny), Techno (Ethuin), March (Haworth), Brabham (Lafosse, Lagier))... François Migault s'imposait dans les deux manches, devant Ethuin et Jabouille dans la première et Jabouille Ethuin dans la seconde. Jean-Claude finissait les deux manches à la septième place.

Bien qu'ayant peu reconnu le parcours de la course de côte de Tonnerre (17-18 avril), Jean-Claude Andruet s'offrait la dixième place au général, au volant d'une A110 1600, et bien sûr, premier du groupe 4. Pour le spectacle, il fit même une montée les yeux bandés...

Retour à la F3 les premier et deux mai, pour l'inauguration du circuit de Magny-Cours. Qualifié en septième position, juste derrière Lafosse et devant Migault, Andruet partait en tête à queue dans le septième tour, pour éviter Ethuin et repartait bon dernier. Il se classait finalement sixième de cette épreuve, devant Dolhem.

Alternant côtes et circuits, c'est à la course de côte de Bourbach le Haut qu'Andruet avait rendez-vous le 9 mai. Au volant de la berlinette 1600 S de Courtois, il prenait la dixième au général et première en groupe 4, malgré une petite confusion de sélection de boite de vitesse dans la seconde montée.

F3 Pau 24-25 mai

La course de côte du Mont Revard, le 30 mai, reprenait le tracé de la spéciale utilisée en rallye. Peu de monoplaces au départ, quelques groupe 6, et il n'en fallait pas plus pour qu'Andruet, au volant d'une berlinette signe une véritable performance et monte sur le podium; derrière Mieusset et Maublanc !

Temps pluvieux pour les essais de la course de côte d'Autin Montjeu les 5 et 6 juin. Heureusement le soleil réapparaissait en début d'après midi. Andruet, sur une A110 1600 engagée en proto y réalisait un exploit, se classant dixième au général.

24 heures du Mans 12-13 juin

Les 19 et 20 juin, ils étaient dix-neuf au départ des 300 kms d'Auvergne. Larrousse sur la Matra 660, Marko, Elford, Bonnier sur des Lola T 212, Swart et Burton sur des Chevron B 19 et Andruet sur la 908/2 de Cosson. Jean-Claude avait eu le temps de signer le treizième temps au essais avant de découvrir une fuite d'huile et rentrer au stand. Le lendemain, pour la course, il ne couvrait que deux tours avant de devoir abandonner, toujours en raison de la même fuite d'huile.

Lors de la course de côte de Crémieux Etang de Ry, les 26 et 27 juin, si Andruet était battu par Dompnier aux essais (tous deux sur Alpine), Il se reprenait le dimanche et signait le cinquième temps absolu.

Seize kilomètres, dont quatre de descente caractérisaient la course de côte du Beaujolais organisée les 10 et 11 juillet. Andruet y pulvérisait son Alpine durant les essais. Privé de course, Pradeau lui prêtait sa BMW 2002 TI, et Jean-Claude effectuait un festival qui l'amenait à la seconde place du groupe 1, derrière Moga (Ford Mustang) et trente-troisième au général.

Le slalom de Panissières avait commencé par une belle journée ensoleillée. Hélas, un violent orage amputait la course, les organisateurs ne pouvant lancer les monoplaces sous le déluge. C'est donc Jean-Claude Andruet qui remportait l'épreuve devant Duchêne.

Près de 180 concurrents étaient engagés à la course de côte de Chamrousse les 24 et 25 juillet. Larrousse, Fiorentino, Mieusset et Andruet figuraient parmi les favoris. Jean-Claude partait en groupe 5 sur une berlinette 1600 allégée, mais aussi en groupe 2 sur la BMW 2800 CS de Massonerie. Il se classait septième du groupe avec l'Alpine, derrière Larrousse, Ballot Léna, Swietlick, Fiorentino, Febbriao et Cochet. Avec la BMW, il finissait vingt-quatrième du groupe 2, et respectivement dix-huitième et cent-trente-sixième au général.

Refusée en groupe 4, l'Alpine de Jean-Claude Andruet se retrouvait en groupe 5 à la course de côte d'Irancy le 15 août. Il s'y classait cinquième au général, second du groupe derrière Pont.

Week-end incertain pour la course de côte de Brides Méribel les 21 et 22 août. Les essais, le samedi, se déroulaient sous la pluie. Andruet ne rejoignait pas la ligne d'arrivée. Le soleil faisait son apparition le dimanche après-midi et Jean-Claude parvenait à placer son Alpine en neuvième position au général.

Retour aux grandes épreuves routières, avec la ronde Cévenole les 4 et 5 septembre. Face à Fiorentino, Thérier, Nicolas, Piot, Chasseuil, Jean-Claude Andruet, sur une berlinette 1600 sortait de la route et abandonnait.

C'est au volant d'une Ferrari 365 GTB/4 Pozzi que l'équipage Andruet-Roure se présentait au Tour Auto du 17 au 25 septembre. Une voiture identique (Filipinetti) était confiée à Vic Elford. La concurrence était relevée avec Jabouille (Ferrari 512 M), Fiorentino et Larrousse (Matra 650), Mazet (Ford GT 70) et Ballot Lena, Haldi, Jacquemin, Dolhem, tous sur Porsche 911S. Après un prometteur septième temps dans la première ES, Andruet connaissait des problèmes de transmission sur le circuit Paul Ricard qui le reléguaient en cinquante-deuxième position. Il repartait donc pour refaire son retard, alignant les exploits, quand des problèmes de freins le retardaient encore. Douzième sur le Bugatti, huitième sur le Nurburgring, troisième à la côte de Rainkopf, septième à celle d'Urcy, quatrième au Mont Dore, il était remonté à la quatorzième place au général après l'épreuve de Charade. Et l'effort continuait: trois troisièmes places aux courses de côte de Chamrousse, des Limouches et de la Roquette le ramenait à une très belle dixième place finale.

Seconde participation sur la Daytona Pozzi, aux 1000 kms de Paris le 17 octobre. Résultat probant, puisque Jean-Claude Andruet-Claude Ballot Léna s'y classaient troisièmes, derrière les Porsche 917 de Bell-Van Lennep et Larrousse-Kinnunen.

Retrouvailles avec la berlinette Alpine 1800 (3430 GY 76) pour le critérium des Cévennes les 27 et 28 novembre. Parti très rapidement, Fiorentino devançait Andruet d'une petite seconde à l'issue de la première épreuve. Dès la deuxième, il faisait jeu égal avec le pilote de la CG. Hélas, dans Notre-Dame de la Rouvière, il crevait à deux reprises, laissant là 2 minutes et tout espoir de bien figurer. Reparti à l'attaque, il sortait de la route suite à des problèmes de freins. Bien qu'ayant réduit son retard à la mi-course, il sortait définitivement de la route pour éviter un cycliste.