Saison 1967

Après deux saisons de compétition seulement, Jean Claude ANDRUET se voyait confronté à un choix entre deux propositions: Matra et Renault. Bien que tenté par le circuit, il choisissait la Régie et ses berlinettes Alpine. Il était engagé par Renault et disputait donc ce rallye de Monte Carlo, du 14 au 21 janvier, sur sa R 8 Gordini personnelle (8691 TR 75), mais avec l'assistance de l'usine. vingt-troisième de la première spéciale, il s'offrait le luxe de battre Piot dans la seconde (Mont Ventoux), la troisième (Rousset), la quatrième (Chartreuse), et la sixième (Levens). Hélàs, peu avant la Turbie, un camion obligeait Andruet-Rabate à taper le rocher. Train avant touché, il rentrait au parc. Le Monte Carlo s'arrêtait là. Il prenait la quarante-quatrième place à l'issue du parcours commun.

Le rallye des Routes du Nord, du 10 au12 février offrait une nouvelle fois à Andruet l'occasion de faire parler de lui. Associé à Jacques Volcke sur sa R 8 Gordini (8691 TR 75) et face à une concurrence très relevée (Ford Mustang, Alfa GTA, Porsche 904, 911, Alpine 1600...) il s'octroyait le septième temps dès la première ES, et le troisième dans les deux suivantes ! Déjà son pilotage généreux séduisait les spectateurs. Ces brillants résultats l'amenaient à la seconde place en Tourisme, derrière l'Alfa de Bernard Conten, et neuvième au classement général.

Une semaine plus tard, au Critérium Neige et Glace les 18 et 19 février, Jean Claude Andruet et Jacques Volcke se voyaient confier une berlinette A110 1150 cm3 par Jean Rédélé. Visant la catégorie GT, il déployait tout son talent, lorsqu'un énorme embouteillage bloqua un nombre important de concurrents, dont Weber, Pescarolo, Andruet, etc... Mais des problèmes d'éclairage d'abord, puis la casse du moteur entraîna l'abandon, le privant d'une victoire en GT pratiquement acquise.

Au rallye Lyon Charbonnières, du 16 au 19 mars, Renault engageait une R 8 Gordini prototype 1440 cm3 pour Andruet et Gélin. Les qualités du pilote faisaient merveille quand une fuite d'eau stoppa net les efforts de Jean Claude.

Essais 24 heures du Mans 8 et 9 avril

Au rallye Bordeaux Sud Ouest, les 15 et 16 avril, Andruet retrouvait la berlinette Alpine (9014 TH 75). Malgré la présence de Garant sur une Porsche 911, Jean Claude, associé à Volcke, remportait la catégorie GT, s'offrant même la cinquième place au général.

Deux berlinettes étaient engagées au rallye de Picardie les 29 et 30 avril : Le prototype 1440 pour G. Larrousse et une 1150 pour Andruet-Volcke. Alors qu'il occupait la troisième place ex-aequo avec Leleu et Nusbaumer, Jean Claude sortait de la route dans la quatrième ES. Larrousse remportait l'épreuve devant Consten.

Concurrents la veille, Andruet et Larrousse étaient associés sur une berlinette 1150 (9015 TH 75) aux 1000 kms de Spa le 1er mai. Qualifiés trentième, ils étaient contraints à l'abandon, moteur cassé (villebrequin).

Au rallye de Lorraine les 6 et 7 mai, Alpine n'engageait qu'une seule berlinette 1150 pour Jean Claude Andruet et Jean Villeminot. Face à la Porsche 911S de Gaban, la lutte semblait inégale en GT. Pourtant, si Gaban prenait le meilleur, pour 12 secondes dans la première ES, Andruet reprenait aussitôt l'avantage dès la suivante. Les deux pilotes se battaient ainsi à coup de secondes quand dans la nuit l'alternateur de l'Alpine rendait l'âme.

Nouveau duel Larrousse Andruet, respectivement sur l'Alpine proto 1440 et la 1150 cm3 au rallye de La Baule les 20 et 21 mai. Après les vingt tours parcourus sur le circuit d'Escoublac qui ouvrait l'épreuve, Buchet (Porsche Carrera) devançait Poirot (Porsche GTS) Van Der Schrick (Porsche GTS) et Larrousse. Mais dès les premières épreuves routières, favorables aux Alpine, Larrousse reprenait les commandes du rallye, remportant trois ES, devant Consten (Alfa) qui en gagnait deux et Andruet, une. C'est Larrousse qui remportait le rallye devant Andruet-Gelin, Consten, Garant et Gaban, tous deux sur Porsche 911 S

Une boucle de 45 kms à parcourir 10 fois, c'était la Ronde Cévenole les 27 et 28 mai. Andruet sortait de la route dès le premier passage. Il tombait en panne sèche au cinquième.

24 heures du Mans 10 et 11 juin

Une semaine après les 24 heures, Andruet s'alignait au départ des Trophées d'Auvergne le 18 juin, au volant d'une Alpine 1150. Il s'adjugeait la victoire en GT et la neuvième place au général.

Le 24 juin aux 12 heures de Reims, Andruet était à nouveau associé à G. Larrousse, sur une berlinette 1150 (en GT), tandis que la "flotte" Alpine comprenait aussi 4 prototypes : deux 1300 (Delageneste-Marnat et De Cortanze-Leguellec) ainsi que deux 1500 (Grandsire-Depailler et M. Bianchi-Vinatier). Parties en fanfare au milieu des deux litres, les 1500 abandonnaient assez rapidement (quatrième et septième heure) tandis que les 1300 finissaient neuf et dixième. Andruet et Larrousse, partis de l'avant dernière position remontaient progressivement pour finir en quinzième place au général.

Après un mois de juin entièrement consacré aux compétitions en circuit, retour aux épreuves routières ce 9 juillet, au rallye du Mont-Blanc. Farjon (Porsche GTS) et Consten (Alfa GTA) prenaient le meilleur sur les Alpine de Larrousse (1400), Bianchi (1300) et Andruet (1150) en début de course. C'est d'abord l'Alfa qui devait abandonner, puis Farjon, laissant le trio de berlinettes rentrer dans cet ordre, le tandem Andruet-Hauer remportant au passage la catégorie GT.

Désireux d'engranger de précieux points au challenge SHELL, Larrousse et Andruet se présentaient au départ de la course de côte du Mont-Dore, le 13 août. Larrousse s'octroyait la victoire en GT devant la Porsche de Buchet, tandis qu'Andruet, terminait troisième devant les autres Porsche de Hanrioud et Bouscary.

Même scénario une semaine plus tard, le 27 août, à la course de côte de Chamrousse : Larrousse, Buchet, Andruet... devant les Porsche de Balas, Chevillon et Bouscary.

Ce sont 79 engagés qui allaient s'attaquer aux 4000 kms de la coupe des Alpes du 4 au 9 septembre. Parmi eux, cinq berlinettes plus ou moins officielles. Dès le début de course, Larrousse -1400 Mignotet- prenait l'avantage sur Vinatier -1400-. Andruet -1150- (8090 UG 75) était accablé d'ennuis divers et de pénalités. A l'issue de la première étape, il pointait à 16 minutes du leader et loin derrière Consten et Trautmann ! Larrousse parvenait à préserver sa première place dans la seconde étape, devant Makinen, Jansson et Hopkirk, alors que Vinatier était contraint à l'abandon. La troisième et dernière étape allait être fatale au moteur de Larrousse, alors qu'Andruet-Gelin remontaient leur retard sur Hanrioud et Trautmann et parvenaient à recupérer la cinquième place au classement général, premiers en GT.

Beaucoup moins long, le rallye Bayonne-Côte Basque les 30 sept. et 1er octobre allait encore permettre aux hommes de Jean Rédélé de se distinguer... G. Larrousse, sur une berlinette proto de 1600 cm3 remportait sept des neuf secteurs chronométrés, s'adjugeant la victoire au général, tandis qu'Andruet, associé à Jean Todt, au volant d'une 1150 cm3 se battait à coup de secondes face aux Porsche 911 S de Gaban et Buchet qu'il devançait à l'arrivée. Outre le doublé, les deux pilotes Alpine emmagasinaient quelques points supplémentaires au Challenge SHELL.

Une fois de plus, la petite berlinette 1150 d'Andruet se mêlait aux Porsche plus puissantes lors des Coupes du Salon à Monthléry le 8 octobre. S'il était devancé par Buchet et Garant, il tenait à distance Mauroy jusqu'à ce que la mécanique le trahisse.

Le 24 octobre, Jean Claude Andruet se présentait au 4 ème Volant SHELL. Il était opposé à six autres garçons : François BOSCHI, Gérard CERRUTI, François GUERRE-BERTHELOT, François MAZET, Michel RAIMON et Dominique ROYER. Les concurrents devaient parcourir cinq tours du circuit de Magny-Cours sur des Merlyn. Deux pilotes sortirent de la piste : Guerre-Berthelot dès son premier tour, Boschi dans son deuxième. Andruet, qui s'élançait en second, fût victime d'un incident au quatrième passage : bris d'une biellette d'accélérateur. Trop émotif, cela perturba sa progression et il sortit légèrement de la piste dans le dernier tour. Après délibération, il lui était accordé une seconde chance, sous forme de quatre boucles supplémentaires. Bien qu'il effectuait le plus rapide chrono (58"58), il échouait face à François Mazet, qui sur l'ensemble avait été légèrement plus rapide (122,448 km/h pour 122,396 km/h à Jean Claude). Et pourtant, Andruet avait été le plus respectueux des consignes. Le régime moteur autorisé était de 6000 t/mn, Il n'avait pas dépassé 6200 t/mn, tandis que Mazet avait pris 6350 t/mn. C'est François Mazet qui fût sacré Volant SHELL 1967.

Avant son abandon, sur panne moteur, au Tour de Corse (les 4 et 5 novembre), Jean Claude Andruet (associé à Rabaté) occupait la ... troisième place au général. Rien que cela ! Derrière Munari (Lancia) et Elford (Porsche), et ex-aequo avec Piot, mais devant Vinatier (Alpine), Anderson et Toivonen (Lancia), Orsini (Alpine), Hopkirk (BMC), Jansson (Renault), Cella (Lancia)et Larrousse (Alpine) second en GT. Car toutes les autres voitures étaient en prototype !

Le critérium des Cévennes (25 et 26 novembre) revêtait un double intérêt : Outre son résultat propre, il allait être déterminant pour le Challenge Shell. Jean Claude Andruet, associé pour la circonstance à Jean Todt, sur la berlinnette 1150 (8090 UG 75) devait à tout prix finir en tête de son groupe, devant Robert Buchet. C'est ce qu'il fit, menant une course sage, largement tempéré par son navigateur. Il écopait toutefois d'une pénalité d'une minute (réduite à une seconde) pour avoir porté secours à Gaban, un de ses principaux rivaux au challenge ... Il finissait sixième au général, gagnait la catégorie GT, et remportait le Challenge Shell.

Le Challenge SHELL... Contrat oblige, il ne put marquer ses premiers points qu'au rallye Bordeaux Sud Ouest. Ce sont ses nombreuses victoires de catégorie qui lui rapportèrent le plus. Mais il fallait attendre le mois de septembre pour le voir apparaître dans les cinq premiers. A l'heure où certains devaient déjà commencer les décomptes, Andruet, lui, emmagasinait encore. Le résultat final allait se jouer dans la dernière épreuve, les Cévennes. Elford, Hanrioud, Buchet et surtout Gaban restaient des concurrents sérieux. Buchet battu, Gaban sorti, il ne restait plus à Andruet qu'à empocher les dix millions de francs du troisième Challenge SHELL.

Challenge SHELL
Championnat de France
Andruet 1800 points Consten 1257 points
Buchet 1746 points Larrousse 1248 points
Gaban 1726 points Andruet 1122 points
Hanrioud 1724 points
Larrousse 1718 points
Elford 1669 points
Garant 1419 points
Neyret 1405 points
Finkel 1316 points
Chasseuil